comment je suis mort, moi-même, je n'en sais rien"

David di Nota.

 

Aube, aucun vent, ciel pâle

Plus trop le choix maintenant

 

"Je" n'écris plus. Les repères ont disparu. Entre ma parole et l'autre il y aura eu un désaveu, un rapt, une trahison. Ce qui taraude, ronge, détruit est qu'il n'y a personne qui en soit l'instigateur. Je suis juste témoin de quelque chose qui n'aurait pas dû se passer. Personne...Ce n'est pas tout à fait vrai. C'est d'ailleurs probablement parce que ça a touché parfois à la présence que le ravage aujourd'hui en est si violent!

Imaginez un labyrinthe, les murs sont hauts, les retours incessants, la sortie très incertaine. Chaque instant serait à la fois mêlé de l'excitation de trouver l'issue mais aussi de la répétition de plus en plus éprouvante à retourner sur ses pas ou à être de nouveau dans une impasse. C'est une allégorie du langage, tel qu'il fonctionne en nous, avec comme blessure signifiante la perte de son désir. La pensée ne parvient plus à faire la différence entre le legs et le dire, elle finit par se faire une raison de son impossible à s'éprouver dans l'autre. Elle devient totalitaire de son "moi", fait de l'autre la cause de son incurie. La haine a gagné ou la culpabilité. C'est même famille en ce sens qu'elles font de l'autre une dette, un passé, un avoir. L'être a disparu.

 

"Fais en sorte que je puisse te parler".

 

Relire "Drame", "Nombres", "Lois", "H" comme les livres d'une rencontre. Il était une fois...pourquoi pas...

 

Un liseré orangé anime la cime des arbres

Séville, Zafra, Merida, Caceres, Salamanque, Astorga

chaque pas me donnait envie de crier, c'en était pathétique

ton nom me harcelait comme chaque pierre sous mes pieds

Impossible pensée que chaque soir je noyais dans le silence des cervoises

 

J'ai joui deux trois fois de l'apaisement du décor

souri aussi de quelques rencontres opportunes

n'ai pas eu courage d'aller prier et

ne suis pas sûr d'avoir trouvé cet "encore" que j'étais parti chercher.

 

Un liseré orangé anime les feuilles éparpillées

le bleu du ciel me lit mieux que je ne l'entends

Andiam