Sébastien J. Braun

27 octobre 2017

sin ruido

Je me tais de vous
errant
sans regret
laissant la nuit me dire
là où je ne suis allé
reconnaissant entre les lignes
votre présence
d'une fois, toujours
quand vous n'aviez pas à vous justifier
de votre chemin
pas l'homme mais l'être
subtile différence
qu'un jour
vôtre âme distillera sans dette
une joie
qui remontera des abîmes
dire
"là"
une trouée, une clairière, une jetée
juste cela
et cela me va.

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26 septembre 2017

buen camino...(précédé

Prélude au départ

Pas sûr que je devrais écrire avant

Pas simple parfois de raisonner l'insupportable, de refuser sa triste ambroisie, de préférer la mer allée avec le soleil...Est-ce qu'il y a une "expérience intérieure"? Je ne crois pas. Beaucoup plus de vide que l'on croit dans l'existence. Là, pas là...deux moments difficiles à faire correspondre ou à interprêter.

J'ai commencé à écrire vers l'âge de dix-neuf ans, ma première nouvelle "el tragaluz del duende" date de 1986, à Madrid, place du 2 Mai, au cafe del foro. Je l'ai donnée à celle qui m'avait offert ma seconde épiphanie.

On met très longtemps à entendre ce que veut dire "tremblement", "soulèvement". Il s'agit pourtant d'un rapt, d'un enlèvement. Ce n'est plus tout à fait toi mais c'est à toi que ça arrive...Mucho duende, poco ruido...

Danse danse danse...a rose is a rose is a rose...

Tu sais à ce moment que tu ne rentreras pas. Enfin...pas vraiment..."tu sais" n'est pas sûr du tout...Honnêtement j'étais à mille lieux de percevoir ce qui me traversait...Un peu comme si le fait d'être choisi suffisait à être élu...Point!

Être élu...comme un "never explain, never complain"...Prix à payer pour que ça passe par toi sans que tu ne puisses intervenir le jour où tu seras déshérité, trahi, abandonné.

Prix des séances chez l'analyste...tant que tu plies à l'injonction d'un "avoir" auquel tu aurais droit...Paie paie paie...Toute dette est à traverser.

Fêter ce départ comme se reconnaître une tendresse, celle d'un fils, celle d'un nom qui entre lui et moi ouvre au songe.

J'ai peur et je n'ai pas peur. J'entends qu'il y a une gratuité du geste comme j'entends aussi encore son nom occuper ma présence.

Là, pas là.

Qu'est-ce qui marque cette frontière?

Je me dis qu'aller faire le chemin va me dire ce qu'ici je ne peux différencier.

Ou juste un dénuement. Ou rien. N'en reste pas moins que c'est une mise à l'épreuve d'un corps, d'un "c'hors", de ce que je ne sais pas.

.........

-Là, pas là, c'est un moment?

-Oui. Le "pas là" nourrit bien plus l'espace que le "là". C'est que nous sommes mortels et nous le savons...On peut hésiter dans une rencontre entre le "monde" et "nous". Lequel existe? Bref sans le savoir nous croyons à la mort, et la mort elle est peuplée...Beaucoup d'ombres...

-"L'amour sans la mort..."

-"Ce n'est pas véritablement de l'amour"...Très 19èeme siècle cette vision...On entend la plainte du capitalisme naissant...sa forclusion dans la famille...L'herbe ne repoussera plus...On a appris notre langue de ce siècle...lutte des classes etc...La science...

-tout peut être explicable...

-quel ennui...

................

C'est l'heure...prendre le minimum...sauter dans un bus pour Madrid et puis marcher trois semaines ou quatre vers Saint-Jacques...

Hasta luego.

 

 

 

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14 septembre 2017

Réapprendre...(suite de l'entretien)

-Vous ne parlez plus trop d'elle...

-je ne parle plus beaucoup ces derniers temps...Je me lève dans la nuit, écoute ce son là...son dénuement. Je sens qu'une parole fleure ma joue, puis s'en va. Je ne cherche pas à la retenir...Il en va de même pour celle dont vous parlez. Je la laisse doucement partir...

-Comme d'un oubli?

-Non, plutôt comme une "désappropriation"...Ce qui a eu lieu le sera pour toujours... Puis la conversation s'est arrêtée... J'ai ces derniers mois bien trop spéculé sur les raisons de cet arrêt. Sur la violence de cet arrêt. Il n'y a plus grand chose à en dire. Le plus important demeure la rencontre, là où elle se continue sans nous. Un homme, une femme c'est un peu cela, une sorte d'introduction à ce qui s'infinitise sans que l'on ne sache très bien ce qui en viendra (ou pas!) montrer la limite. Enfin, ça, c'est le côté joli, le côté jardin...Encore faut-il pouvoir y aller!

-Ou s'y perdre...

-Oui, vous avez raison. S'y perdre sans que ça s'affolle dès que la fable "faire de l'Un" s'étiole...Quand le vrai rideau s'ouvre...Et que le verbe apparaît dans sa nudité, appauvri, désarmé...

-On n'était pas que deux en se rencontrant...

-Exactment. Il y avait du monde à bord! Pas du tout ex-nihilo le rencontre mais belle et bien nantie de barrages en tout genre...

-Comme la famille?

-Oui sûrement mais parce qu'elle est souche du verbe à ta disposition quand tu arrives sur "scène. Et souvent ce verbe est banal, frisant l'ennui (qui comme vous le savez dérive du mot "haine). Il va falloir réapprendre, aller quérir sa déclinaison, sa verticalité, son corps. Et comme vous le savez ça ne se meut pas pareil entre elle et lui...C'est une liaison dangereuse...sourire.

-D'où l'importance de la lecture!

-Oui! La lecture au "près" en période de rencontre et la lecture au large quand elle n'est pas là (la rencontre)

-"À n'importe ce qui valut le blanc souci de notre toile"...

-Voilà.

...........

 

 

 

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05 septembre 2017

blablabla

Il y a d'abord eu ce rêve cette nuit, très étrange où je me demandais à l'intérieur du rêve si je rêvais...Vous n'y étiez pas cette fois-ci. Mais ce matin, au réveil, je sentis qu'une sorte de message me traversait, traversait mon histoire de ces dernières années, tentait de me dire quelque chose vis à vis de vous. J'ai essayé de l'écrire avant de venir vous "voir" (vous écrire) mais on aurait dit un puzzle, plein de pensées qui s'entrechoquaient sans vraiment faire sens...

Je sens bien que ça concerne notre histoire ou plus exactement ça concerne mon placement quant à elle, quant à vous donc aussi. Je vais essayer de le dire aussi justement que je le peux. 

Quand j'ai 16 ans quelque chose donc s'arrête. Une représentation si vous voulez, une projection. L'élève si brillant devient commun et ne dispose pas de "culture" pour ne pas en être effrayé. C'est incroyablement borné, tracé, et pauvre. 

Ainsi on peut naître sans héritage, sans profondeur..Ce qui suppose qu'il a fallu une sacré négation à la base de tout cela, un déni d'origine...D'où l'impossibilité de lire Proust ou de voir un Titien, ou d'écouter une cantate...Comme si ça ne nous concernait pas. 

Mais à ce moment de ma chûte, je ne pense guère à tout cela. Je ne sais même pas à quoi je pense, c'est incroyablement flou et muet. 

Ce qui est sûr c'est que ça n'a aucun sens de l'odorat, de l'ouïe, du toucher. Si je parle à cette époque, c'est aussi passionnant qu'une vache ruminant le passage du train! 

Je ne vous répéterais pas cela si d'une certaine façon, je n'avais pas inconsciemment voulu revivre ce temps près de vous. Comme si tous ces éléments épars de ma naissance n'avaient encore jamais trouvé leur "événement". 

Même encore aujourd'hui, je trouve que notre rencontre continue à rester sourde à ce qui l'a appelée. Prise dans un affect qui n'a d'autre choix que de se mettre à distance, tant est encombrée l'écoute. 

Mais écouter quoi? Ça a si peu de résonnance...Que je parviens même à entendre qu'il est presque salutaire de ne pas se revoir! 

Parce que ce n'était pas du tout là ou vers là que nous aurions dû aller, qu'il n'y avait personne en cet horizon et qu'encore plus bête serait de croire qu'il y avait quelque chose!

Il n'y a pas eu de rencontre et c'est le plus difficile à entendre! Ça a tenu à rien, je veux dire que nous l'aurons effleurée plusieurs fois, mais qu'elle nous demeurait inaccessible! 

C'est à ce moment que je revois le cours des événements de ma vie et combien perdure ce fossé entre qui parle et qui vit...

...........

Je ne sais pas plus que vous comment renverser ce triste sort qui parie sur la dette plutôt que sur l'existence. Probablement en ne se retournant pas, en allant aimer ailleurs, sans supputation de celui ou de celle qu'on a quitté. 

Ce rêve m'avait remis sur le chemin. Il me replaçait au coeur d'un désir qui cherchait à dire son nom, loin de ce que je tentais de circonscrire ou d'expliquer.

Vous n'y étiez pas. Là où j'avais tant envie de persister, le rêve ne me suivait pas. Je me levais avec la certitude de vous laisser aller, de ne plus chercher à me souvenir. 

Je ne saurais plus qui vous êtes, cesserais de dire "aimer" là où je n'avais jamais été, prisonnier d'un placement que le rêve m'avait murmuré de ne plus suivre, acceptant que ce qui s'était passé avait eu lieu dans l'absence, et dans la prétention de faire nom sans c'hors. 

Putain je craignais de saborder mon existence, de sans cesse la mettre loin de moi, capable de dire encore et encore là où j'étais de toute façon absent.

J'en étais là ce matin, triste d'être ce personnage sans fond, précipité dans l'existence sans mémoire, sans le secours d'une mémoire qui en maintiendrait un cap!

..........

Ni amie, ni amante, ni...

Et peut-être fallait-il commencer par reconnaître ce qui n'est pas pour qu'un jour l'on soit surpris de ce que l'on ignore. 

Quant à nous deux, oui on peut replacer la bataille dans le cours de nos vies, séparément parce qu'il ne s'agira jamais de faire fi comme nous l'avons fait de ce qu'un c'hors troue dans le discours. 

N'en demeure pas moins une forme d'humilité, une tendresse à laquelle nous aimerions dire "encore" sans qu'elle soit dette, sans que ne soit dicté notre comportement.

Nous savons que nous ne nous sommes pas rencontrés. Mais bien davantage parce que la rencontre nous demeurait étrangère que parce que c'était nous. 

.........

Je n'ai aucune proposition qui me vient quant à vous. J'ai cette impression d'avoir toujours été égaré, d'avoir maladroitement tenté de dire là où très peu veulent parler, sans pour autant prendre corps de cette parole. 

Il y a tellement de visions arrêtées encore, tellement de "ne...pas" que chaque phrase est un peine à jouir! 

.........

Quel art ça demanderait de tenir son désir! Cesser de revenir à soi, à ce qui se plaint là-dedans comme une offrande à ce qui en meurt! (ou veut le tuer...)

..........

Je rêve parfois avec vous d'une non-correspondance. Je rêve que l'on ne chercherait jamais à se revoir. Je rêve d'un moment qui fait de sa rareté son élan, cesse de saigner de son non-lieu.

Presque comme si nous devions douter de nous être rencontrés, acceptant le risque de ne jamais le savoir, sans l'aide du moindre souvenir.

Ne sachant quasiment plus si cela a eut lieu. 

Comme porter cette rencontre au large de ce qui la niait, et ne plus accepter sa part endettée, jusqu'à ignorer la vie de l'autre, n'en plus rien savoir.

.......

J'ai oublié non pas comme une négation mais comme une reconnaissance de ce qu'on ne pouvait savoir, et s'en laisser porter combien même ça ne fera jamais retour.

Comme oui la seule chance que nous ayons qu'un jour ce qui a eu lieu fasse écho. 

Parce que cette histoire avec vous n'est pas et n'a jamais été que du seul côté d'un savoir, mais bien davantage du côté de ce qu'elle ne pouvait pas dire, et dont il eut été ridicule d'en porter le stigmate.

Ne pas craindre l'oubli qui va naître, mais plutôt l'accepter tel le vide, le silence. 

Je vous perds petit à petit et en préfère l'augure que la dette. J'aime à croire que la tendresse se joue dans l'étendue et non le temps. Le temps compte, l'étendue fait c'hors.

Aimer n'est pas un temps mais un lieu. 

C'est de demeurer en ce lieu que ce qui meurt ne meurt pas, mais ça ne peut s'appartenir, se prévaloir de soi. 

J'imagine qu'une absence de soi nous conduit à l'autre, qui altère contre son désir...Je ne suis pas sûr qu'un désir soit une approbation de l'autre...Mais peu importe. 

........

Je me regarde dans la glace, je vois un visage d'enfant. J'ai beau faire, je ne vois que cela, un enfant. Ça me trouble parce que c'est comme si quelque chose n'avait pas mué depuis mes 9 ans. Une interrogation. 

Je ne comprends toujours rien à la vie comme elle va. Toujours cette impression que tout sonne faux...Oui même les rencontres. C'est si loin je trouve du plus troublant...Être là...Juste cela..

je vais repartir marcher. Je ne vous l'ai jamais dit mais votre chemin m'a beaucoup agacé. Il m'a mis en péril parce que j'ai bien entendu que vous le faisiez contre moi. 

Ce moi là...Celui du non désir...Cette horreur...

Pour sûr ça fait mal d'incarner ce rôle. Et en même temps j'entends que je suis allé vous chercher là! Besoin d'être répudié, besoin probablement que mon père me foute la paix!

à suivre

 

 

 

 

 

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02 septembre 2017

De rencontre à rend-compte (lettre à un ami)

Rencontre...Ce matin je pensais que sa rareté tient surtout du fait que très vite nous passons de son événement à un "rend-compte"; nous alllons facturer sa fortune, sceller son ouverture, obscurcir son horizon, et dans bien des cas passer à la suivante sans en avoir entendu le moindre appel. Ou pire encore nous pouvons passer des années auprès d'un être dans le simple déni de l'avoir rencontré...

Il y a une dette inscrite sous la langue qui frétille. 

Il y a un art qui mène à la rencontre qui motive tous nos sens. On a cette impression d'un aller simple...Cette sensation durera peu..C'est d'ailleurs étonnant qu'on s'y attarde autant...Notre culture est bâtie sur ce vent qui nous pousse croit-on au large alors que nous allons vers des terres connues et foulées des milliers de fois. Il suffit de voir un couple pour en saisir de suite la part archi-écrite de leur histoire...Il n'y a qu'à attendre ce jour déjà enregistré où l'un dira à l'autre qu'il s'est trompé...(Ce qui n'est pas vrai mais la "vérité" semble peu intriguer notre faux voyageur)

Je me souviens de ce film "sex lies and videotapes" dont la fin desservait tout le propos du film. Pour résumer c'est l'histoire d'un homme qui se cherche au travers de ce qui fait jouir une femme ( il est obsédé par la masturbation féminine) et il chemine au gré de ses rencontres qu'il filme jusqu'au jour où il rencontre un vieil ami, marié à une belle passante encore endormie par la fable sociale. Bref ils se "rencontrent" et l'amour pointe son bout de nez. Et alors là...Fi de tout son chemin personnel, on passe vite à la fin où le mec ne va ni plus ni moins que prendre la place du mari...Comme si l'existence était juste une erreur de "casting"!!! 

Bref ça donne à réfléchir sur l'idéal qui se cache derrière tous ces affectations de l'âme...Si c'est pour juste passer par la même porte que tout un chacun...(donc de personne) 

Faut juste trouver le "bon" ou la "bonne"...E la nave va...

Quel ennui que ce voyage organisé, passeporté...(ennui dérivee du mot "haine"...cqfd...)

Alors je te dirais que dans ces temps qui courrent à remplacer Paul par Jacques pour surtout rester sourd à ce qui se met en branle dans une "rencontre", il est fort probable que la chance d'y aller voir plus loin soit d'accepter que commence une rencontre là où son idéal se perd, là où elle se fait vacuité...

Ce vide qui prend place de notre coeur est paradoxalement cette petite lueur au large qui entonne son appel. 

Là commence le voyage, seul composant de ceux qui veulent du désir qu'il demeure désir, quelle qu'en soit l'errance.

Bien à toi

 

Sébastien 

 

 

 

 

 

 

 

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19 août 2017

awake

Nuit je me réveille après un rêve je regarde l'heure 2h c'est étonnant j'ai à peine dormi ou alors si justement beaucoup trop et là je sais que le temps n'est pas le temps c'est autre chose on place les choses selon une durée mais c'est faux c'est vertical on pourrait dire selon un degré d'existence ou de lumière de proche ou de lointain c'est comme la découverte de la perspective

Le rêve est curieux c'est dans un restaurant que je ne connais pas il y a plein de monde, de niveaux, je reconnais quelques amis avec qui j'ai travaillé je suis assis à une table mais je ne me souviens pas des visages il est presque minuit c'est bondé des gens partent parce qu'ils ont attendu trop longtemps et d'autres arrivent ils disent neuf plus quinze et sont en fait 38 je ne sais pas ce que veulent dire ces chiffres

Hier avant de dormir j'ai regardé l'histoire d'Unabomber l'histoire d'un type qui a pendant 17 ans posé des bombes aux états-unis contre l'idée de technologie, il a écrit un manifeste publié par le Washington post sur les déviances de la technique, il est né le même jour que moi pas la même année, avais un QI supérieur à Einstein je me demande si il avait lu Debord

Le dude qui a pemis son arrestation l'a eu grâce au langage, à l'étude de ses idosyncrasies, mais surtout aux mots qu'il n'employait pas, c'est par l'absence de certains mots dans ses lettres de revendication qu'il a pu déterminer où il vivait, c'est la même méthode qui aurait été employée pour découvrir l'origine du peuple slave, à savoir que l'absence de certains mots comme chêne, pin, etc indiquaient un lieu où ces arbres n'existaient pas...

Souvent le tableau est plat. S"y ammoncelle un tas de détails mais sans perspective. Un dessin d'infans. Ça ne parle pas parce que tout est sur un même plan.

Pour qu'il y ait pensée il faut une profondeur. Aller au tableu comme on va à l'existence. C'est une question d'espace et non de temps.

 

 

 

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15 août 2017

much a do about nothing

 16/08/2017

-Tout cela n'est pas sérieux...

-Ou très cruel...Je préférerais votre version.

-Ce qui peut paraître étonnant est que quelque chose vous a empêché d'entendre les signes...Quand même son incapacité à vous désirer...Non?

-Oui, non...Mais vous écoutez cette histoire comme si on était deux...Ça, c'est une réthorique de couple. Ça ne fonctionne pas du tout ainsi entre nous...Enfin, je le croyais. On n'est pas ensemble pour savoir si ça marche, ou si ceci ou cela...On est tous les deux confrontés à un tableau qu'on ne parvient pas à décrypter...

-J'ai cette chance d'avoir lu ses lettres et rien de ce que vous dîtes n'y trouve écho...

-Elle ment.

-???

-Je suis resté poli. Mais oui, c'est clairement honteux de pouvoir écrire ces torchons de mièvreries, si l'on veut un peu se souvenir de ce qui était en jeu. Il me reste à demeurer bienveillant parce que je n'ai pas passé quinze ans auprès de cette femme pour finir dans la négation d'avoir à peine existé...

-Vous comptez...

-Oui. Mes gages mes gages...C'est que j'ai beaucoup menti aussi. Ou adhérer comme dirait Sollers. C'est qu'à un moment je perds l'art d'exister, je ne le vois plus, ne l'entends plus...Il me faut être dans un état paroxytique pour y revenir. L'aube ou le vin. Et encore c'est sans garantie...

-Vous dîtes "comme si nous étions deux"?

-Oui, parce qu'il ya bien davantage de personnages dans la cène...N'oubliez pas que le principal de notre relation se passe à "table", sous une forme de banquet. Je vous dirais même que si cette relation va durer tout ce temps, c'est qu'elle sait que ce qui s'y dit trouve son histoire.

-Mais elle n'a pas les mots...

-Ce n'est pas tout à fait juste. Elle les rencontre petit à petit, mais il y a la vieille garde! C'est terrible quand on y pense...C'est elle que je n'ai pas vue venir...Pour vous résumer ça donne une jeune femme qui ignore aimer jusqu'au plus charnel d'elle même à cette déclaration : " je ne me projette pas avec vous".  Vous voyez le raccourci? Comment toute une conversation se réduit à une projection sur le géniteur...

-On en revient à la perpétuelle trahison...

-À l'horreur! Hors Sollers, personne ne veut étudier la question de ce qui s'est passé en ce bas monde à partir de comment une femme voit un homme. Ça demeure foutrement tabou. Elles sont persuadés qu'elles ont raison sur l'origine...Une des dernières phrases du banquet a été "vous n'auriez jamais dû supporter mon non-désir pour vous". Je crois rêver à ce moment là! D'abord, je ne le supportais pas, mais ça n'avait aucun sens d'écouter le tableau du côté du désir!

-Je ne vous suis pas...

-Imaginez que j'écrive. Et qu'elle vienne me dire : "tu n'aurais pas dû supporter que je ne te lise pas".

-Ça ne se passe pas là...

-Exactement! Sauf à vouloir faire de l'Un! Vous avez raison de dire que ce n'est pas sérieux...Mais pas si ce qui se passe rejoint le plaisir qu'ont les êtres à tuer...Là, ça pose problème. La haine ordinaire pose problème et dans une rencontre, on ne s'y attend pas...

 

 

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19 juillet 2017

Introduction à

Nuit aube, passion selon Saint-Matthieu, quelques oiseaux.

Notre personnalité elle-même, que nous prenons grossièrement pour notre plus intime et plus profonde propriété, pour notre souverain bien, n’est qu’une chose, et muable et accidentelle, auprès de ce moi le plus nu ; puisque nous pouvons penser à elle, calculer ses intérêts, et même les perdre un peu de vue, elle n’est donc qu’une divinité psychologique secondaire, qui habite notre miroir et qui obéit à notre nom. Elle est de l’ordre des Pénates. Elle est sujette à la douleur, friande de parfums comme les faux dieux, et comme eux, la tentation des vers. Elle s’épanouit dans les louanges. Elle ne résiste pas à la force des vins, à la délicatesse des paroles, à la sorcellerie de la musique. Elle se chérit, et se trouve par là docile et facile à conduire. Elle se disperse dans le carnaval de la démence, elle se plie bizarrement aux anamorphoses du sommeil. Plus encore : elle est contrainte, avec ennui, de se reconnaître des égales, de s’avouer qu’elle est inférieure à telles autres ; et ce lui est amer et inexplicable.

Tout, d’ailleurs, la fait convenir qu’elle est un simple événement ; qu’il lui faut figurer, avec tous les accidents du monde, dans les statistiques et dans les tables ; qu’elle a commencé par une chance séminale, et dans un incident microscopique ; qu’elle a couru des milliards de risques ; été façonnée par une quantité de rencontres, et qu’elle est en somme, tout admirable, toute volontaire, tout accusée et étincelante qu’elle puisse être, l’effet d’un incalculable désordre.

Chaque personne étant un « jeu de la nature », jeu de l’amour et du hasard, la plus belle intention, et même la plus savante pensée de cette créature toujours improvisée, se sentent inévitablement de leur origine. Son acte est toujours relatif, ses chefs-d’œuvre sont casuels. Elle pense périssable, elle pense individuel, elle pense par raccrocs ; et elle ramasse le meilleur de ses idées dans des occasions fortuites et secrètes qu’elle se garde d’avouer. — Et d’ailleurs, elle n’est pas sûre d’être positivement quelqu’un ; elle se déguise et se nie plus facilement qu’elle ne s’affirme. Tirant de sa propre inconsistance quelques ressources et beaucoup de vanité, elle met dans les fictions son activité favorite. Elle vit de romans, elle épouse sérieusement mille personnages. Son héros n’est jamais soi-même… Enfin, les neuf dixièmes de sa durée se passent dans ce qui n’est pas encore, dans ce qui n’est plus, dans ce qui ne peut pas être ; tellement que notre véritable présent a neuf chances sur dix de n’être jamais. (Paul Valéry)

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12 juillet 2017

ça ne sans saigne pas

 
Culito
Depuis votre départ 
aucun jour ne passe
sans que votre nom
 
Ce qu'il signifie 
ce qu'il emporte
murmure
trahit
aime
violente
crée
déchire
ouvre
 
 
J'en passe par tous les états!
 
J'ai cette impression d'avoir approché une vérité,
pas celle de mon passé, pas celle de mon désir, pas
celle de notre histoire, 
 
celle d'aimer?
 
C'est encore trop tôt pour le dire. 
 
C'est d'une audace folle que de provoquer ce verbe!
 
Même là, en vous écrivant je sens sa résistance, son refus!
 
Je pourrais m'en arranger en vous disant que c'est pour vous donner
nouvelles...Mais on sait bien que c'est faux.
 
C'est si dur parfois de rester dans ce qui est juste...
 
Toujours ce jejeje qui croit pouvoir braver sa beauté...qui veut
en jouir comme argent comptant...
 
 
Je retourne à ce qui fait silence
m'oblige à écouter le crime
sans le dénoncer...
 
​........
 
Il faut que vous me fassiez confiance
en ce silence.
 
Ne jamais croire l'intermédiaire...surtout
si c'est un(e) ami(e)...
 
Il y a quelque chose de très fou qui s'est joué
entre nous deux. Dans l'horreur (le monstre) comme
dans l'embrun
ça nous appartient.
 
Ne plus m'adresser à vous est un acte de pudeur comme de foi.
Pour vous, pour moi.
 
Vous aimer me demande d'aller plus loin que le jeune homme
terrassé par la violence du crime, qu'il soit mien ou vôtre.
 
Vous aimer ne m'appartient pas. 
 
Je ne peux que l'être. 
 
Oui ça détonne, oui ce hors possession fait trembler
tous les codes!
 
Avant hier je suis allé à Toreilles et Collioure
c'était beau de ne pas être triste
mais vivant de ces moments
qui font d'une rencontre un passage
une vision.
 
Je sens bien comment la guerre continue
elle est là
je n'y adhère pas
je m'en laisse traversé, plié, putain des fois c'est dur!
 
Tant de haine a présidé à notre rencontre...Vous rencontrer
c'était aussi aller écouter de quoi elle parle, après tout une rencontre
doit s'y risquer, qu'enfin ça puisse sortir! 
 
Sinon c'est blabla and compagnie
 
J'ai vu quand vous avez "sacrifié" mon anniversaire
que ce n'était pas votre temps.
 
Rien. Ni une fleur, ni un geste. Putain de haine...
 
Qui prend les traits de l'autre, qui la plupart du temps 
veut s'y conserver, fou...
 
Choisir le silence
 
laisser ce qui est autre se mesurer à ce qui n'est pas encore écrit
 
accepter qu'il y ait sacrifice
 
parce qu'il s'agit bien de ce temps dans aimer, que l'on puisse
être celui ou celle qui fait césure, permet un autre horizon,
 
jusqu'à peut-être un soir inconnu le revoir
 
dans la reconnaissance de ce qu'il a permis
 
de ne pas nous reconnaître.
 
Sébastien

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10 juillet 2017

l'(h)ombre

10 Juin

Lecture de "l'ombre et le nom" (M. Montrelay)

"Les textes de femmes mettent sans fin le feu au Nom".

Je pense à cela ce matin, à ce jeu de massacres que la tentation d'aimer oblige...Il faudra se lever de bonne heure si l'on veut entendre de quoi relève l'Autre...Si l'on veut s'extirper de ce qui ne "sans saigne" pas.

C'est d'une lecture très difficile que celle qui nous convoque à la destruction. La rencontre s'arrête souvent là où commence aimer. On préfère abolir plutôt qu'annoblir, effaçant petit à petit la trace du lieu où nous avons été convoqués. C'est que ce lieu n'est pas d'Un, ni égal. Son altérité ouvre une porte vers l'enfer, mais aussi du paradis. Le narcissisme est frappé de plein fouet, les idées aussi. Car là nulle parole, nulle pensée n'a encore pénétré. 

La plupart préférera se re-marier, ou se re-rencontrer, pensant la répétition comme salutaire alors qu'il est chance qu'elle ne se targue que de mieux maîtriser ce que l'on ne peut pas donner.

Comme on interprête mal ce point de rupture! Comme on aime à l'assourdir d'un texte déjà écrit là-haut...

Elle me disait souvent "te voir me rend triste". Je pense qu'elle voyait à quel point sa relation mère-fille m'avait vidé de substance. Je n'avais pas les armes pour ne pas en être spolié. Comme si je n'avais pas accès à une sublimation assez éprouvée pour me garder en mouement...Ma féminité assistait passivement à cette lutte sans merci jusqu'au dégoût orchestré de ma chair. 

Il y avait une réelle impuissance chez moi à résister à ce qui se passait là sous mes yeux et dont j'aggravais à mon insu le cas à chaque jour. 

Comme un lieu interdit à ma propre sublimation. J'en suis là, dans ce décor, au point esseulé et amer, parvenant toutefois à entendre que d'amour il fut bien question, que cet horizon m'empêche de faire le tour de cette dame qui a posé un soir regard sur moi.

 

 

 

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09 juillet 2017

Viento

9 Juillet 

Depuis quelques jours je sens juste derrière ma nuque la bise violente elle crispe bêle viens viens dans ma niche quelle horreur que ce mauvais sang sans vent salubre quelle litanie obscure veule sourde la vache on est loin parfois ou plutôt proche tout proche collé serré aucun archet ne peut glisser dans cette mascarade du malentendu du il était une fois un bon et pervers délire de la chose das ding I thing therefore I am faudrait y aller doucement maintenant le sang qui baigne le coeur est aussi pensée ou encore si tu n'espères pas tu ne rencontreras pas l'inespéré qui est scellé et impénétrable je revois le studio de l'agent Bailly la découverte de drame nombres lois H quelle odyssée contre le charnier tu m'étonnes qu'on aime le goût du sang la mort du père en filigrane servez moi un coup de sexus bleu du ciel septentrion j'ai vingt ans et un corps éparpillé dans le nouvel ordre psychique où jouir veut dire avoir quelle tristesse que d'avoir plié ce verbe à sa version romantique jejeje on dirait un traité de la haine ordinaire dissimulée sous couvert humanitaire alors que jouir s'écrit j'ouir ou gioir que son art est la sanguine le trait qui la dévoile dove gioir s'insempra je suis intact et c'est égal viens come oui come here somos hombres del camino nous peignons le passage pas l'être notre caresse est notre fugue tu t'en souviendras un soir quand 

 

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08 juillet 2017

8 Juillet

8 Juillet

À un moment de la conversation elle dit : "ah au fait je voulais te dire que je parle avec J., j'espère que ça ne te dérange pas."

Ben voyons...

Et devant mon silence d'ajouter :"mais tu sais on ne parle pas de toi"...

Et allez!...Quitte à être pervers, soyons royaux! Je raccroche sonné. Je ne l'avais pas vu venir...Me reviennent en mémoire ces mots de "Femmes" : "pour une femme un homme est tout entier un sexe érigé ou un trou mais jamais un corps muni d'un sexe qui soit autre chose qu'un trou"...

 

 

 

 

 

 

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04 juillet 2017

4 Juillet

"Ne me demandez pas comment je suis mort, moi-même je n'en sais rien" 

David di nota 

Beaucoup de rencontres cherchent à atteindre leur point de rupture. Comme une sorte de tic tac qui dès le début bat son propre temps...C'est assez déroutant que de voir cette mécanique réglée au son de la faux. Le plus comique reste que le pourfendeur continue à croire qu'il a été trahi...Ben voyons..On repense à ces mots de Sade : "Français encore un effort..."

Mauvais sang ce matin...Allons marcher.

 

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03 juillet 2017

3 Juillet

3 Juillet

 

 

"Levé de nuit, au large bleu

 

précédant le tumulte du jour

 

de quelques intentions maritimes."
"défends ce qui te paraît vrai, ne le donne pas
en pâture aux idées domestiques qui sucent ta mémoire, tais toi
tant que la bile te tient, éloigne toi en silence de la méchanceté qui
a châtié ton sang, rêve, oui, rêve encore!"

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28 Juin

 28 Juin

L'homme sans gravité...J'y pense ce matin..Ce déplacement du psychisme, du rapport à la chose...Lisez, vous verrez...

Combien de fois mon père m'aura dit : "quand nous avions 20 ans nous pensions que la vie allait comme sur des rails"...Je sais qu'il n'a jamais fait le rapprochement. 

Sollers dit que si l'on veut entendre quelque chose à ce qui s'est passé, il faut le placer du côté de la mort du père. Et comment ça va se traduire dans le langage, dans les corps de ceux qui parlent.

Est-ce que je suis surpris de ce qu'il s'est passé avec J. ? j'ai rarement assisté à autant de violence dans le déni. Mais on y est vous voyez...Dans le grand "rien". Fallait pas réveiller les morts, les mettre à table...

J'ai toujours pensé que l'issue était du côté de la bienveillance. Il n'y en a pas eu. La haine a tout bouffé. C'est comme si personne ne se tenait là. Juste le plaisir de la faux. Comme si il ne restait de cette histoire qu'une simple fascination du meurtre. Ça fait peur. Très.

Chaque matin depuis une semaine je me lève avec ces mots : "fais en sorte que je puisse te parler". J'écoute l'injonction et il y a un grand vide. C'est justement ce qui m'a été ôté. J'ai longtemps cherché dans nos banquets du dimanche cet "étant". C'était à chaque fois très érotique pour moi ce moment. La parole, la viande, le vin, elle. Une fête, mais pas seulement. Il arrivait souvent que ça se termine en drame. Ce qui n'empêchait nullement que nous recommençâmes le dimanche suivant. Le dit-manche. Il y avait drame parce que ce qui était mis sur la table touchait à nos limites. Celles du sens, celles d'une relation au beau milieu des assassins, muets ou pas. C'était nous mais à peine. Vraiment pas simple à dire : "nous" . Voix de Pessoa...Juste le monde...

Il y avait du "barrage" de tous les côtés. Le désir ne passait pas par là. Faut dire que le désir aujourd'hui il marche un peu au rythme de la négation. Il se mélange au sujet qui le porte. Bien davantage "jejeje" que versé vers autrui. Très limité dans la gratuité. Pernicieux souvent, dans l'apparence...

-Mais vous, il était où votre désir?

-Putain, c'était pas clair...En attente je dirais. Je n'arrivais pas à passer d'un manque de reconnaissance (de repère) à une autre forme de...foi? Je sentais bien que ma langue était prise dans les mailles d'un inconscient qui disait "non tu ne peux pas" mais je ne trouvais pas l'outil (sourire) pour fracturer sa porte...

-C'est plutôt clair...rires...

-Ça se jouait là, oui. Vous comprendrez mieux de ce fait que ça faussait mon interprétation de l'abscence de désir de J. pour moi. J'y voyais évidemment mon propre manque...

-Ce qui a pu causer le malentendu du départ...

-Je ne pense pas. Je suis d'accord pour concevoir que le désir n'a pas à être oublié, loin s'en faut mais de là à lui conférer l'autorité sur aimer, c'est un pas douteux. Derrière se cache un rapport à la jouissance qui a une triste version de la rencontre. Si l'on en revient au dimanche, la scène s'ouvrait toujours sur un "ça ne marche pas", mais qui était vrai, aussi éprouvant que cela fût. On ne s'était pas rencontré par hasard...Ce n'était pas la "vie d'artiste"...Nous sommes plutôt sortis d'un mauvais roman...Et c'est là où se trouvait le désir...Dans ce roman insipide...Bref un début d'une banalité sans nom...Et le départ comme vous dîtes va nous y ramener...La négation a gagné. Ça me laisse sans voix depuis deux ans. 

-Vous ne vous y attendiez pas?

-Oui et non. Certains dimanches j'étais déjà très inquiet du fait qu'elle me dise qu'elle ne ressentait rien. Elle pouvait être comme "mécanique", inerte au drame. Et je pense que c'est probablement parce qu'une part de ce drame n'est pas "touchable". Juste impossible et ça l'est peut-être. Je me suis dit que oui je finirai par servir d'alibi, de prétexte.

-Sans désir, ce n'est pas simple de se maintenir dans aimer.

-C'est que le manque de désir n'a jamais été une nouveauté...On y est né! Ce qui m'inquiète bien davantage est la pensée qui s'en déduit...Quand on fait porter à l'autre son manque. La haine est très proche. Si je vous disais que ce manque de désir l'a porté à jouir de moi de façon très cruelle, presque comme d'un leitmotiv...

-Ça craint...

-Oui.

-Elle vous dira qu'elle est partie pour ne plus vous faire mal...

-Oui! Rires...La logique du néant est sans limite...Le pire c'est que ça fonctionne! C'est comme la logique humanitaire! Aucune pudeur...On est bien dans la trame du meurtrier...

-Tout en revendquant son innocence...

-Exactement. Un air de pas vu pas pris, tandis que je jouis de (me) mentir...

-Je ne vous ai pas demandé pourquoi ce blog?

-Pour qu'une devine, j'imagine...

-Bouteille à la mer?

-L'océan plutôt...Mais oui, il y a de cela. L'important n'étant pas de réussir mais de répéter jusqu'à plus soif pourquoi ça...

-Encore...

-Oui encore.

.............

J'ai ouvert une bouteille de vin...Il y avait longtemps...Pas le droit ont dit les médecins..Sale coup que ce message, c'est déjà bien assez difficile pour jouter, à jeun bien davantage...'Simple j'ai troublé le monde, double bien davantage"...M'en étais fait une peau de ce raisin bulbe des fééries pour une autre fois, demain, tout à l'heure, sur la grève...On verra bien...Quel foutu deuil...Il aura suffi d'une fois, de ces fois où l'on voit, pénètre d'un seul moment ce ressenti de l'autre vivant, là, bien là face à vous, et là j'ai su que j'aimais, que ça parlait de très loin, épiphanique si vous voulez. Putain de massacre inutile, tant inutile quand on y pense...Comme si ça n'avait pas suffi...Qu'il fallait encore y retourner, nier le voyage, nier ce presque rien du soir qui va l'amble qui d'une épaule ou d'une robe qui tombe, ce simple mouvement qui fait apparaître l'autre dans sa plus simple nudité, celle d'être là, il aura suffi d'une fois...

Voix coeur voix de ce coeur...

C'est si con aimer...Juste un pas, de plus, de...Contre soi, tout contre, prendre plume ou burin et faire sortir ce qui geint, plie, bavarde, croit penser...Et là apparaît cette fente, ce trouble sans origine, mais séparé, d'un instant, ni tout à fait elle, pas toute en fait, et où vont tes lèvres, passage clair, proposition de l'éthique...étendue de l'âme en c'hors, loin, loin du cadavre...

J'ai embrassé l'aube d'été. je dois à C. ce grand moment tombé des dieux ou du nu, rivière des sens où l'on ne sait plus à qui appartient ce bras, cette jambe, c'est gracié de toutes ces fois où l'on regarde l'ensemble sans rien sentir, jouissance du détail, d'une note, d'un trait...Merci.

Quel calme enfin...le passage...peindre le passage...Oublier l'être un tant soit peu...Musique, tenir sa hanche, la faire tourner, rire de tant d'ennemis qui ont hanté qui je hante...J'ai eu si peur ces deux dernières années...

Il va falloir tenir maintenant, rester là, refuser d'y être éjecter à nouveau, cesser le règne de la passion.

Chez l'analyste : "c'est fou comme nous ne sommes pas nés"

Et je pensais à tous ces fils, filles nés de parents issus du baby butt..."nous pensions notre vie sur des rails"...Ils comprennent rien quand on les accuse...Le mot collabo les a fait fuir à gauche...C'est d'eux que viennent toutes ces idées sur l'humanitaire...Fallait les voir en 81 comme ils y croyaient à leur idéal...La vache...Jamais vu une génération autant adhéré à leur surdité...Tu m'étonnes que pas un auteur ne soit sorti de leur rang...Et en même temps être né en plein charnier, comment? Sont nés dans un langage qui avait atteint sa limite...Seuls ceux nés juste avant ont entendu...De là le malentendu avec leurs cadets qui entre lsd et communautés tournaient autour d'un vaudeville grotesque. Ça ne les a pas surpris qu'après l'holocauste soit promu le tout confort...N'ont rien vu venir...Pas coupable! Comme si la question était là...!

On ne naît pas innocent, on le devient...Ah Beauvoir Sartre! n'ai entendu que cela...Ce qui est très drôle est qu'ils les pensaient comme une sorte de perfection du couple..Et qu'en plus ils en ignoraient quasi totalement de quel fonctionnement de couple ils causaient...Le mot "liberté" semblait les animer plus que de raison...Etonnante adhérance....

J'ai toujours pensé que c'était la génération sacrifiée...Porteurs d'une tristesse du monde incommensurable.

Leurs enfants deviendront leurs ennemis. Mais pas pour les bonnes raisons. Ce qui est apparu très vite dans la génération qui a suivi, c'est le doute. 

Ce qui est sûr est qu'une césure va s'opérer entre père et grand-père, mère et grand-mère. Deux mondes. Les enfants obligés de choisir pour la version la plus récente. Mis à cette place. Chéris en ce lieu prècis d'une revendication.

La mère devient Dieu, le revendique. Le père ne dit rien. On en est toujours là...

Une parole manque, elle est devenue aussi rare qu'un livre. La poublication bat son plein...On consacre l'amer, la turpitude, l'absence.

Ce fut très dur d'accepter que ma rencontre avec J. se rende à ce pauvre port. J'y découvre mon être honteux, parcimonieux. J'ai vu mais pas cru. Pas cru assez. Verbe, chair, présence.

Petit homme d'une histoire sans souffle. Part de moi, de mon histoire. Suis beau un jour sur 7. Le reste c'est juste de l'agitation, du boucan.

J'appelle ça la part héritée, la monstrueuse. C'est vrai que Quignard me tenterait...Faire de l'effroi un héritage. Souvent je me branlais sur son cul plutôt que de me soumettre. Je pensais juste à refuser la mélancolie.

M'aima-t-elle au détriment de son doute? Je ne comprends pas ma question. Je pense que je cherche à savoir si ce qui se passe est encore un chemin. Let it come down. Rien de ce qui n'arrive avec une femme ne devrait aboutir à une question.

Je suis intact et c'est égal.

hernan voulait que je raconte cette histoire. C'est vrai qu'il y a eu un moment où les rencontres explosaient ce que nous étions. Il me voyait apte à raconter le voyage. Faire jour. Clairement je dirais que j'ai besoin de cette aide d'une qui en voudrait le murmure.

Qui effacerait la litanie de celle d'avant. Je n'ai pas loi à garder ce qui nie. J'en ai fait forcément partie et c'est une provocation quant à vous. Vous rencontrer ne sera pas sans ce tremblement d'un pis aller.

 

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24 Juin

24 Juin

Sans belle, l'écriture est ardue; on marche un peu dans les décombres d'un passé qui tire la gueule. L'assoupissement est tentant...De chantre nous passons à relique...On pense qu'il aurait suffi d'un mot, d'un geste...

"À n'importe ce qui valut le blanc souci de notre toile"...Une phrase...Hors glas, qui d'un départ se refuse à en célébrer le meurtre...Là ce fut apothéose du contraire! Je revois encore son sourire jouissif quand elle m'annonça qu'elle ne se projetait nullement à mes côtés. Et comme ça ne lui suffisait pas, elle attendit le jour de ma naissance pour achever son oeuvre! Impressionnant...

En Novembre 198...je refusais de me lever. Impossible d'entendre ce qui ne voulait plus. Je pense aujourd'hui qu'il m'était impossible d'avoir corps dans le texte hérité de l'époque. C'était un texte tourné vers l'idéal, un texte manichéen, très versé dans la lutte des classes, un texte d'un ennui profond, où l'on murmurait Staline pour ne pas voir Dachau. La cause féminine alimentait nos devoirs, son émancipation serait notre gloire...On n'était pas loin d'une sorte d'autodafé quand on y pense...

Je dois à une femme la sortie de cette Egypte.

............

"D’où vient la tristesse quand une partie de ce que vous vivez s’en va. Vérité non pas des faits, non, non pas les faits, la vérité de cette préséance de rien, de vie nue, ce socle incertain que vous devez supposer pour que le liens entre deux phrases soit compossible… suive, soit possible
on oublie (je crois) qu’avant de penser à quelque chose il faut que lien se fasse, pour aller d’une pierre à une autre, pour ne pas tomber
j’ai souvent eu l’impression que ce qu’on appelle vie, c’est-à-dire, ce petit plus qui nous fait désirer comme quelconque un moment et 
non une chose, qui nous dénude ou presque, que cette manière-là de s’y tenir, de vivre donc, n’était que peu ou pas vécu, ou du moins, qu’il ne m’était pas accordé le temps de terminer la phrase" (Hernan.Toro)

 

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23 Juin

23 Juin

 

On ne part pas Reprenons les chemins d’icichargé de mon vicele vice qui a poussé ses racines de souffrance à mon côtédès l’âge de raison  qui monte au cielme batme renverseme traîne.

 

La dernière innocence et la dernière timiditéC’est ditNe pas porter au monde mes dégoûts et mes trahisons.

 

Allons ! La marchele fardeaule désertl’ennui et la colère.

 

À qui me louer ? Quelle bête faut-il adorer ? Quelle sainte image attaque-t-on ? Quels cœurs briserai-je ? Quel mensonge dois-je tenir ?  Dans quel sang marcher ?

 

 

L'amour est toujours réciproque...C'est de là qu'i doit parler; il n'y a pas d'alternative à cette proposition. Je pensais hier que les chemins qui mènent à cette "pierre" sont de l'ordre d'une apparition. J'entends par apparition la clairière qui surgit après des journées de marche. Un homme, une femme, ce n'est sérieux qu'à partir du moment où ça renonce à faire de l'un. Ça ne se consomme pas, ni ne sert la puissance de la passion. Faut laisser ça aux caniches...(l'amour c'est l'infini mis à portée des caniches) . Il y a une sente invisible ou presque qui longe l'océan. L'écume se brise à ses courbes. Jaillissement du divin. Embarquer ne va pas de soi. Les éléments s'y opposent. Elle doute. Elle croit encore que son désir va lui répondre.

Pour la plupart ce lieu de la proposition n'existe pas. L'oubli est la grande maîtresse. La pensée faîte de 0 et 1 demeure cet art étrange de banaliser la bêtise. Rester dans le rang, adhérer à la toile de fond, toujours la même, moi moi moi.

 

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22 Juin

22 Juin

Never explain, never complain...Il y a des moments où je reste interdit devant l'avènement; tout paraît bien trop écrit pour que ce soit vrai...Et pourtant ce qui se passe ne sort pas de la trame! Sur le divan j'essaie de repousser l'arrêt de mort, la vindicte banale de la haine...Il doit bien y avoir quelque chose qui ait traversé, qui dise que cela a existé! En rentrant je regarde la table, le lit, je revois le lieu des festins, la folle embardée de la parole, la fin de non recevoir.

Ce qu'il lui paraît évident est que la scène a eu lieu comme d'un crime.

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21 Juin

21 Juin

Il y a eu un rêve étrange cette nuit. Je me suis endormi en pensant à l'incurie des relations hommes/femmes, aux raisons qui les pourvoyaient en méchanceté, malentendus et haine...J'avais cette impression que quelque chose avait bel et bien disparu, et puis ce rêve dans un petit deux pièces parisien qui sert de bordel. Une partie pour les femmes et l'autre pour les hommes. Et la femme d'à côté qui n'est autre que mon ex belle soeur mais avec un visage différent; elle finit par me reconnaître, s'assied sur le bord du lit et avant qu'elle ne puisse parler la sonnerie du téléphone me sort du rêve.

Les mots de Lacan "La mort..si vous n'y croyez pas..comment est-ce que vous pourriez supporter cette histoire..." mélangés au poème de Pessoa :"O que há é só o mundo verdadeiro, não é nós, só o mundo;
O que não há somos nós, e a verdade está aí." 
"Il n'y a que le monde véritable, pas nous, seulement le monde; ce qu'il n'y a pas c'est nous, et la vérité est là."

Mots qui viennent se placer au début de Femmes de Sollers "le monde appartient aux femmes, c'est à dire à la mort", et évidemment tu l'entends soupirer parce que elle croit savoir de quoi tu parles et que ça l'ennuie prodigieusement...

Et l'ennui chez une femme, ce n'est pas une fleur à cueillir, c'est dangereux...

Tu te mets à penser à Ulysse, à Casanova, à ces quelques uns qui par la ruse ne se sont pas arrêtés, ont décidé d'aimer en "mouvement"...

Mais aussi à ces quelques femmes dont Céline disait qu'à la fin de sa vie on se souvient, celles qui ont un peu aimé les hommes, non pas un mais tous...

Aujourd'hui c'est carnage à gogos, les droits à la jouissance sont exaltés! Dieu mort, c'est le trou qui a pris place comme centre de l'univers...Moins tu parles, plus t'as tes chances qu'elle ne te sacrifie pas à son monstre jejeje...

C'est la nouvelle injonction : "tais toi que je puisse m'entendre"...Tu vois déjà la bétonnière déverser sa longue langue de béton...Pas question que quoi que ce soit repousse après son passage...

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